L'EMBRYOLOGIE DANS LE CORAN 1

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Réponse à la contre-argumentation sur l'embryologie dans le Coran

Par Abul Hassanein Dhul Qa’ada Nasrullah Amkanahullah

En collaboration avec le Centre d’enseignement et de recherche "L’élite islamique" (CERELI)

Sommaire

Résumé

Mots et expressions- clés

Introduction

I. La critique

Article (Tiré est tiré du site : www.forumfr.com.)

Quelques réactions sur le même site

Commentaires sur d’autres sites

II. Correction de la critique

1. Problématique de la traduction

2. Analyse des versets

III. Renforcement de l’attaque

IV. Réponse

1. Volet pédagogique

2. Volet herméneutique

3. Volet littéraire

4. Le volet sociologique

5. Le volet scientifique

Conclusion


Résumé

Le Saint coran ne donne pas détail sur certains faits et ne respecte pas une quelconque terminologie non plus pour la simple raison qu’il s’agit pas d’un livre de contes et ni d’un livre de science, mais plutôt d’une œuvre littéraire contenant une série d’informations et des subtilités scientifiques, lesquelles servent d’analogie pour guider le commun des mortels. Pour bien transmettre son message, il a adopté la stylistique en la langue arabe, ce qui explique l’usage de diverses figures de style.

Son incompréhension est due aux insuffisances et aux aberrations des traducteurs et des exégètes, lesquelles ne peuvent nullement lui être amputées.

L’embryologie selon le Saint coran n’est aucunement en contradiction avec la science étant donné qu’il stipule dans certains de ses versets que l’homme est le produit de la fécondation sexuée entre un mal et une femme. Les versets de ce Livre divin s’expliquent et se complètent les uns les autres.

Le verset de la goutte de sperme quant à lui n’est qu’une synecdoque de l’espèce laquelle focalise sur une information encore inconnue par la science à l’époque de la Révélation, selon laquelle c’est le père qui donne le sexe à bébé.

Mots et expressions- clés

Saint coran – "نُطْفَة" - goutte de sperme – fécondation sexuée – langue arabe – liquide séminal – cellule haploïde – chromosome – Embryologie – synecdoque – figure de style – Voltaire – To quoque – ovule - spermatozoïde


Introduction

Les recherches scientifiques, des articles et des ouvrages sur le Saint coran avaient commencés peu après l’avènement de l’islam. L’épanouissement de la civilisation musulmane avait poussé les orientalistes à se pencher sur l’histoire, le style, la structure, le contenu et l’origine de Livre divin afin de percer son mystère. Ce qui fut à la base de publication d’une multitude d’ouvrages dans diverses langues, lesquels contribuèrent à propager l’islam.

Il sied de signaler que l’intérêt suscité par ce Livre sacré variait selon les communautés, les langues, les époques et les contextes politico-religieux d’un pays à l’autre ou d’une région à l’autre. En effet, si certains chercheurs visaient la propagation de l’islam, une autre catégorie avait résolu de trouve des défaillances dans ce Livre sacré afin de mettre ainsi fin à son emprise.

C’est ainsi que, dès la deuxième moitié du IXe siècle, le Saint coran fut traduit en langue grecque par un savant de Constantinople du nom de Nicetas Byzantius[1]. Il eut ensuite Robertus Ketenesis en 1143 en latin, sous le titre de "Lex Mahumet pseudoprophete" sur l’ordre d’un prêtre français, responsable de l’église de Cluny, Pierre de Montboissier connu sous le nom de Pierre le Vénérable. Elle est actuellement conservée à la bibliothèque de l’Arsenal à Paris.[2] Cet évènement marqua le début des études coraniques au Vatican. Les progrès de la civilisation islamique en Andalousie conduisirent ce prêtre ainsi que deux autres, l’Anglais Robert Ketton et l’Allemand Hermann Delmachi, à s’y consacrer entièrement. Cette traduction fut conservée pendant quatre siècles au sein de l’Eglise et réservée uniquement aux études religieuses. Malgré les maladresses, malentendus et autres erreurs de traduction, l’ouvrage devint la principale source représentative du Coran en Occident, au point que d’autres traductions furent effectuées sur la base de cette traduction latine. Parmi elles, on peut évoquer la traduction en italien en 1547 par Andrea Arrivabene, de l’italien vers l’allemand en 1616 et de l’allemand vers la langue indienne en 1641.[3]

Parmi les critiques formulées à l'endroit du Saint coran, nous avons les incompatibilités scientifiques de son contenu. Ce qui prouverait son origine humaine, Dieu étant omniscient. Dans le présent article, nous allons répondre la critique sur l’embryogenèse selon le Saint coran et relever quelques points qui échappent à la plupart des chercheurs en général, et les coranologues en particulier.


I. La critique

1. Article (Tiré est tiré du site : www.forumfr.com.)

"Etude scientifique et critique du Coran" du 25 février 2012 - 10:13

Voici l’intégralité de l’article :

"Etude scientifique et critique du Coran" du 25 février 2012 - 10:13

J'ai visité le site "Etude scientifique et critique du Coran" (par Google) et j'ai noté particulièrement ceci.

Citation : (Cor. XXXV : 11) : « Dieu vous a créés de terre, ensuite d’une goutte de sperme, ensuite Il a fait de vous des couples.»(Cor. p.578/36-9 LXXV) : « L’homme pense-t-il qu’on les laissera sans obligation à observer ? N’était-il pas (une) goutte de sperme éjaculée ? Et ensuite (une) adhérence ; puis Dieu l’a créé et formé harmonieusement ; puis en a fait alors les deux éléments de couples : le mâle et la femelle. » L’être formé à partir de sperme et qui a donné les éléments de couples, le mâle et la femelle serait dans ce cas le père d’Adam. Fin de citation.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, les savants les plus prestigieux croyaient à tort que le père était le seul principe actif de la procréation. Ils imaginaient que l'enfant à naître était contenu tout entier dans la "semence" (le sperme) du père et que la mère n'était que nourricière, comme la terre est nourricière vis à vis de la plante. Cette conception agraire de la procréation a laissé des traces dans la pédagogie erronée de la "petite graine" que le papa dépose dans le ventre de la maman.

Les premières observations de gamètes accompagnent le développement de l'utilisation du microscope ; elles sont réalisées, par Oscar Hertwig en 1875 sur la reproduction de l'oursin, ensuite en 1877, sur des spermatozoïdes humains, par un étudiant, Louis Dominicus Ham, en formation chez le savant néerlandais Leeunwenhoek.

L'utilisation du mot "gamète" pour désigner les cellules reproductrices sexuées se généralise à la fin du XIXe siècle.

Chez l'Humain, comme la plupart des animaux, les gamètes femelles sont les ovules et les gamètes mâles les spermatozoïdes.

Le sperme éjaculé contient des millions de spermatozoïdes, mais pas un seul ovule.

Questions /

1°) Qui a éjaculé dans l'historique de la création du couple selon Mohammad ?

2°) Comment des spermatozoïdes dans une goutte peuvent-ils produire un être humain sans gamètes femelles ?

Source : http://www.forumfr.com/sujet449210-etude-scientifique-et-critique-du-coran.html

2. Quelques réactions sur le même site

1. Florent52 - 25 février 2012 - 12: 43.

Le coran ne parle jamais clairement et distinctement de l'ovule, alors que l'ovule est aussi important que le spermatozoïde dans la formation de l'enfant. Une telle absence, aussi énorme, qu'un enfant de 9 ans sait aujourd'hui, alors que le coran prétendument écrit par Dieu n'est même pas capable de citer cette vérité de base (alors qu'il parle pourtant de nombreuses fois de la reproduction) suffit à démontrer qu'il est d'origine humaine, point final.

2. juuken - 25 février 2012 - 19:59

Le coran a énormément plagié la bible elle-même s'inspirant énormément des mythes sumériens, et s'appuie sur les découvertes de l'époque ou antérieur pour tenter d'expliquer l'univers.

3. 05 mai 2012 - 11:41

Mahomet croyait que la femme produisait du sperme.

Il croyait que celui qui éjaculait le premier donnait son sexe et son apparence à l'enfant à naître.

3. Commentaires sur d’autres sites

1. Sur le site : atheisme.free.fr

En conclusion il n'y a rien dans le Coran conceant l'embryologie qui n'était une observation bien connue des médecins grecs, ceci des siècles, voire millénaires avant que le Coran n'ait été écrit. Par ailleurs, ce que le Coran indique au sujet de l'embryologie est souvent scientifiquement imprécis ou carrément faux. Les travaux des médecins grecs ont été traduits en Syriaque avant Mohammed, et ceux-ci étaient accessibles aux non-Grecs. Nous savons qu'un des compagnons du prophète, Harith Ibn Kalada qui était le premier diplômé le plus célèbre de l'université de Jundishapur avait étudié les travaux de Galien, Hippocrate et Aristote dont les théories sur l'embryologie sont retrouvées dans le Coran et Hadith. Et nous savons aussi que Mohammed conseillait à tout le monde ce médecin Harith Ibn Kalada. De même, nous savons qu'au moins une partie d'un verset décrivant l'embryologie, (Sourate 23:14) contient des mots qui ne sont qu'un commentaire d'un simple homme.

Nous en arrivons à la conclusion que, contrairement à ce que certains musulmans réclament, les rapports embryologiques du Coran ne fouissent certainement pas une évidence quant à l'origine divine du Coran, mais une réelle évidence quant à son origine humaine…

Source : http://facealislam.free.fr - 18 janvier 2005

2. Sur le site : atheisme.free.fr 01/09/2006 01:19

Les réactions de la part des musulmans croyants en un "coran scientifique" sont très représentatives de leur aveuglément et de leur absence de sens critique vis-à-vis de leur Livre Saint. Peut-être qu'en se documentant un minimum (au lieu de répéter bêtement ce qu'on leur a endoctriné) ils s'apercevraient que les "Vérités" du Coran ne sont ni plus ni moins que les connaissances de l'époque. En effet, le "Livre scientifique" de Dieu tant loué n'est que le recueil des connaissances des Grecs et des Romains.

http://atheisme.free.fr/Contributions/Coran_2_embryologie.htm

3. Reopen The Signs – Commentaire

Essai de contre-argumentation sur la série The Signs - diffusée sur Dailymotion par Senior Freeman - par Nabuchodonosor-II – le 22/08/2012

Pages 2 et 3

Quant à son argumentation, il précise que la classification de l'embryon n'aurait été connue qu'au XXe siècle 10. Il ne s'agit manifestement pas d'une classification quelconque comme la lecture littérale du passage voudrait le faire croire, puisque le Coran en donne une au VIIe siècle et que c'est justement de ce sujet qu'il est question (mais on peut alors remonter jusqu'au grecs et romains dans ce cas), mais de ce que l'on considère comme étant la description scientifiquement exacte des stades de développement de l'embryon. D'après le verset qui suit dans la vidéo, les différents stades dans le coran serait une "goutte d'argile pure", qui se fixerait probablement dans l'utérus, puis on verrait apparaître en embryon, puis des os, et enfin de la chair 11. Cette description est si succincte que l'on peut difficilement dire si elle correspond effectivement à ce que l'on connaît actuellement ; on peut toutefois remarquer que l'argile n'a strictement rien à voir dans le processus, pas plus que l'eau qui est proposée (contradictoirement donc) à d'autres endroits du Coran (21:30, 24:45). Par contre, on peut remarquer que ce genre de description n'est pas nouvelle au VIIe siècle ; nous pouvons pour cela nous référer à la version de Galien (IIe siècle), qui se base lui-même sur Hippocrate (Ive siècle BC) : la première phase correspond au sperme, puis les organes commencent à se former, suivis des membres, et enfin l'embryon s'anime.[4] Ainsi, ni la description de Galien ni celle du Coran ne sont assez précises pour juger clairement de leur valeur scientifique, mais on ne peut pas exclure qu'elles soient apparentées entre elles, d'autant que d'autres éléments en embryologie se ressemblent également, sans être forcément valables actuellement (présence de sperme chez la femme, etc.). Il se trouve d'ailleurs que les ouvrages grecs de Galien ont été traduits au siècle précédent et mis à la disposition des savants à l'académie de Gundishapur récemment créée ; l'un des premiers médecins arabes renommés, al Thakefi[5], y a justement étudié en s'intéressant particulièrement à l'hygiène sexuelle, et serait par la suite devenu un proche de Muhammad[6]. Il ne serait donc aucunement surprenant que les éléments d'embryologie présents dans le Coran proviennent de cette source.

http://atheisme.free.fr/Contributions/The-signs_commentaire_01.pdf

II. Correction de la critique

1. Problématique de la traduction

En lisant la critique, on s’aperçoit que l’honorable lecteur n’a pas la moindre connaissance de la langue arabe, il a eu le malheur de se fier à une piètre traduction, même pas à un Tafsir (exégèse). Ce qui est une erreur de septième degré. Un bon chercheur ne doit pas se fie jamais à une simple traduction, laquelle reflète toujours la personnalité de son auteur.

En ce qui concee la traduction du Saint coran, les premières traductions en langues occidentales furent l’œuvre des non musulmans embarrassés par l’épanouissement de l’islam, lesquels cherchaient les erreurs à combattre pour réfuter cette nouvelle doctrine et en détouer les masses tant attirées, mais aussi amener les musulmans à la foi chrétienne. Il s’agissait d’un autre front de la croisade. C’est ainsi qu’un abbé du nom de Pierre le Vénérable[7] constitua en 1142-1143 une équipe mozarabes[8] de Tolède qui avaient adopté la langue et les coutumes arabes pour traduire le Coran, d’abord en espagnol vulgaire, puis de l’espagnol en latin, sans se référer à aucun savant musulman. Un travail en soi salopé étant donné que même une arabe d’origine a toujours besoin de Tafsîr (exégète) pour comprendre ce Livre sacré. Nous sommes en pleine croisade. Voici d’ailleurs sa déclaration à ce propos :

« Qu’on donne à l’erreur mahométane le nom honteux d’hérésie ou celui, infâme, de paganisme, il faut agir contre elle, c’est-à-dire écrire. Mais les latins et surtout les modees, l’antique culture périssant, suivant le mot des Juifs qui admiraient jadis les apôtres polyglottes, ne savent pas d’autre langue que celle de leur pays natal. Aussi n’ont-ils pu ni reconnaître l’énormité de cette erreur ni lui barrer la route. Aussi mon cœur s’est enflammé et un feu m’a brûlé dans ma méditation. Je me suis indigné de voir les Latins ignorer la cause d’une telle perdition et leur ignorance leur ôter le pouvoir d’y résister ; car personne ne répondait, car personne ne savait. Je suis donc allé trouver des spécialistes de la langue arabe qui a permis à ce poison mortel d’infester plus de la moitié du globe. Je les ai persuadés à force de prières et d’argent de traduire d’arabe en latin l’histoire et la doctrine de ce malheureux et sa loi même qu’on appelle Coran. Et pour que la fidélité de la traduction soit entière et qu’aucune erreur ne vienne fausser la plénitude de notre compréhension, aux traducteurs chrétiens j’en ai adjoint un Sarrasin. Voici les noms des chrétiens : Robert de Chester, Hermann le Dalmate, Pierre de Tolède ; le Sarrasin s’appelait Mohammed. Cette équipe après avoir fouillé à fond les bibliothèques de ce peuple barbare en a tiré un gros livre qu’ils ont publié pour les lecteurs latins. Ce travail a été fait l’année où je suis allé en Espagne et où j’ai eu une entrevue avec le seigneur Alphonse, empereur victorieux des Espagnes, c’est-à-dire en l’année du Seigneur 1141. »[9]

Cette traduction intitulée "Lex Mahumet pseudoprophete" (Loi du pseudo-prophète Mahomet) se diffusa alors très rapidement et dès, 1150, les chrétiens latins ont dans les mains une source d’information de "premier ordre" sur l’islam, rapidement exploitée à Paris et à Oxford, les capitales de la scolastique.

Il sied de rappeler que ce même abbé est aussi l'auteur d'un traité contre les juifs : Aduersus Iudœorum inueteratam duritiem, et était reconnu comme un polémiste et un "représentant d'un antijudaïsme radical".[10]

La toute première traduction en français effectuée par un musulman ne paraitra qu’en 1959 au Club français du livre, l’œuvre d’un marginal[11] du nom de Muhammad Hamidullah[12], là encore assisté par un prêtre du nom de Michel Léturmy[13]. Cette traduction a vivement été critiquée par plus d’une personne dont Jamel Eddine Bencheikh[14], lequel met en question ses compétences tant en arabe qu’en français[15]. Elle sera d’ailleurs révisée par la Ligue islamique mondiale avant d’être diffusée, bien qu’Hamidullah ait refusé de cautionner les changements.

Fort malheureusement, c’est cette piètre traduction qui fait autorité dans le monde francophone, au risque de rabaisser le Saint coran. Une vraie aubaine pour les détracteurs qui cherchent des poux dans la calvitie.

Ainsi, honnêteté intellectuelle oblige, on ne doit pas imputer au Saint coran, ni à tout autre œuvre d’ailleurs, les insuffisances et les aberrations des traducteurs et des exégètes.

Avant de répondre à la critique, commençons d’abord par analyser lesdits versets.

2. Analyse des versets

Dans ces deux versets, nous allons beaucoup plus nous concentrer sur le mot sujet de controverse, en l’occurrence le mot "نُطْفَةٍ".

Le verset 1 : Sourate Le Créateur (35) : 11

{وَاللَّهُ خَلَقَكُمْ مِنْ تُرَابٍ ثُمَّ مِنْ نُطْفَةٍ ثُمَّ جَعَلَكُمْ أَزْوَاجًا وَمَا تَحْمِلُ مِنْ أُنْثَى وَلَا تَضَعُ إِلَّا بِعِلْمِهِ وَمَا يُعَمَّرُ مِنْ مُعَمَّرٍ وَلَا يُنْقَصُ مِنْ عُمُرِهِ إِلَّا فِي كِتَابٍ إِنَّ ذَلِكَ عَلَى اللَّهِ يَسِيرٌ (11)}

Traduction de critiqueur :

«Dieu vous a créés de terre, ensuite d’une goutte de sperme, ensuite Il a fait de vous des couples…..»

Le verset 2 : Sourate La Résurrection (75) : 36 – 40

{أَيَحْسَبُ الْإِنْسَانُ أَنْ يُتْرَكَ سُدًى (36) أَلَمْ يَكُ نُطْفَةً مِنْ مَنِيٍّ يُمْنَى (37) ثُمَّ كَانَ عَلَقَةً فَخَلَقَ فَسَوَّى (38) فَجَعَلَ مِنْهُ الزَّوْجَيْنِ الذَّكَرَ وَالْأُنْثَى (39) أَلَيْسَ ذَلِكَ بِقَادِرٍ عَلَى أَنْ يُحْيِيَ الْمَوْتَى (40)}

«L’homme pense-t-il qu’on les laissera sans obligation à observer ? N’a-t-il pas été une goutte de sperme éjaculée ? Et ensuite (une) adhérence ; puis Dieu l’a créé et formé harmonieusement ; puis en a fait alors les deux éléments de couples : le mâle et la femelle. Celui-là (Allah) n'est-il pas capable de faire revivre les morts?»

Le traducteur de notre critiqueur s’est tout seulement planté.

3. Une petite leçon de sémiologie

Si Descartes pense que le langage transcende toute connaissance et que l’on soit capable d’exprimer clairement toute sa pensée avec des mots, Pierce et Wittgenstein, et tant d’autres linguistes d’ailleurs, sont d’un avis contraire et insiste sur le pragmatisme. Le signe "Vénus", synonyme de "l’étoile du berger" lui est-il substituable dans la phrase "Vénus est un mot de cinq lettres"?[16], et on ne parle pas encore des noms à double genre[17]

Un autre exemple, lorsque l’on voit une croix sur un édifice, on pense à un lieu d’adoration ; tandis que la même croix plantée sur une butte fait penser à une tombe, et sur une tenue, à un personnel de santé.

Le Docteur Jean Caelen, spécialiste en linguistique cite Frege[18] en disant : «Le langage peut être comparé à la main qui, malgré sa capacité à remplir les tâches extrêmement diverses, ne nous suffit pas : il nous faut des outils ou des mains artificielles.»[19]

C’est ainsi que, contrairement à Ferdinand de Saussure[20], lequel ne voit que la relation entre le signifiant et le signifié, Charles W. Morris[21] distingue dans la sémiotique trois aspects, dimensions :

1° L'aspect syntaxique portant sur les relations des symboles entre eux, les règles de combinaison légitimes ;

2° L'aspect sémantique portant sur les relations entre les symboles et les objets auxquels ils s'appliquent, sur la désignation ;

3° L'aspect pragmatique portant sur l'utilisation et la fonction effective des symboles, sur les relations entre les symboles et leurs usagers ou interprètes : règles de l'utilisation par le sujet, motivations de l'interprète, réactions du public, efficacité de la communication, situation d'usage, usages des signes (information, évaluation, stimulation, systématisation), etc.[22]

Selon Docteur Maurice Bucaille, on est obligé de traduire par goutte (de sperme) le mot arabe "نُطْفَةٍ" (Nutfat), faute de posséder en français le vocable rigoureusement approprié, et parce que le mot est associé dans un autre verset au mot sperme.[23]

L’on comprend qu’il s’était contenté de la traduction d’un profane en la matière. Médecin de son état, s’il avait eu des connaissances de linguistique requises, il n’aurait surement pas traduit de la même manière.

En fait, ses arguments ne sont pas valables pour deux raisons :

1° Il dit que "l’on est obligé de traduire par goutte (de sperme) le mot arabe Nutfat, faute de posséder en français le vocable rigoureusement approprié".

Ceci n’est pas vrai pour la simple raison que les mots ne sont que des signifiants pour désigner des concepts, des idées conçues par l’esprit. Et lorsque ce signifiant ne désigne pas avec exactitude le concept, on parle de malentendu. Ce qui explique pourquoi l’on recourt à une périphrase lorsque l’on ne trouve pas le mot exact.

2° Il dit que le mot "نُطْفَةٍ" désigne "ici[24] goutte de sperme, car le mot est associé dans un autre verset au mot sperme".

Au contraire, ceci prouve que ce mot ne désigne pas la "goutte de sperme" au sens propre, mais plutôt au sens figuré, en sous-entendant le déterminatif "de sperme". Sinon ceci constituerait un pléonasme superflu, parce que l’on sait déjà que ce mot désigne la goutte de sperme.

Or, l’usage de sens figuré requiert toujours un indice, pour éviter toute confusion.

C’est le cas du verset 37 de la Sourate La Résurrection (75) :

{أَلَمْ يَكُ نُطْفَةً مِنْ مَنِيٍّ يُمْنَى (37)}

Ce verset risque d’être traduit par :

«N’a-t-il pas été une goutte de sperme de sperme éjaculée (émis en quantité limitée) ?»

Au lieu de :

«N’a-t-il pas été une goutte de sperme éjaculée (émis en petite quantité) ?»

En fait, étymologiquement, la racine "نطف" désigne quelque chose de limpide. C’est ainsi que l’une de ses dérivées "نَطَف" désigne la perle et "نُطْفَة" une quantité de fluide limpide, grande ou petite.[25] Par exemple : Dans ce hadith du Prophète (Salut et paix sur lui et sur sa famille), le mot "نُطْفَة" désigne une mer, autrement dit une grande quantité de liquide :

«وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ لَا يَزَالُ اللَّهُ يُزِيدُ الْإِسْلَامَ وَأَهْلَهُ وَيُنْقِصُ الشَّركَ وَأَهْلَهُ حَتَّى يَسِيرَ الرَّاكِبُ بَيْنَ النُّطْفَتَيْنِ لَا يَخْشَى إِلَّا جَوْرًا»

«Par celui qui détient mon âme (Dieu), l’islam ne cessera d’exister et sa communauté s’accroitre, pendant que le polythéisme et ses adeptes diminueront, jusqu’à le voyageur ne craigne plus la tyrannie entre les deux mers (La mer méditerranéenne et la mer de l’est !»[26]

Néanmoins, ce mot est beaucoup plus utilisé pour désigner un fluide en petite quantité.

Du point de vue physiologique, ce mot peut désigner aussi bien la substance produite par les gonades mâles ou femelles, liquide émis par l’homme ou par la femme au moment de l’éjaculation[27], les hormones, les enzymes que tout autre liquide biologique, comme le liquide contenant le Zygote pendant les premières phases de l’embryogenèse voire l’ovaire.[28] Encore faut-il rappeler que le diamètre des gamètes se calcule en micron, soit un millionième de mètre.

Par exemple, dans le premier verset cité par l’honorable critiqueur, soit le verset 11 de la sourate XXXV, le mot "نُطْفَة" désigne le zygote, et non le sperme. Car, Dieu parle ici des deux modes de création, ce qui justifie d’ailleurs le nom de la sourate, le Créateur à partir du néant :

1° La création à partir de la terre : Il s’agit de la création d’Adam (Paix sur lui). Dieu avait insufflé l’âme dans un corps en terre inanimé.

En effet, selon les hadiths, le corps d’Adam (Paix sur lui) est resté sans vie pendant une quarantaine d’années avant que Dieu n’y insuffle l’âme.[29]

2° La création à partir du "نُطْفَة" (zygote) : Il s’agit de la création à partir d’un produit de la fécondation sexuée, et c’est la création des autres êtres humains. Dieu insuffle l’âme dans zygote sans vie, lequel n’est au début qu’un liquide semblable à l’eau de mer. Ce qui explique pourquoi Dieu exclut Jésus fils de Marie et le compare plutôt à Adam (Paix sur eux tous) pour l’avoir créé directement de la terre. On lit dans le Saint cora :

}إِنَّ مَثَلَ عِيسَى عِنْدَ اللَّهِ كَمَثَلِ آدَمَ خَلَقَهُ مِنْ تُرَابٍ ثُمَّ قَالَ لَهُ كُنْ فَيَكُونُ (59){

«Pour Allah, Jésus est comme Adam. Il l’a créé de poussière, puis il lui dit "Sois": et il fut.»[30]

Cette harmonie dans la citation est connue en rhétorique arabe sous le nom de "مراعاة النظير". Ledit verset signifie en d’autres : nous avions insufflé l’âme dans une terre sans vie pour en créer un être humain, et nous l’insufflâmes dorénavant dans un zygote sans vie (pour en créer un être humain).

C’est également le cas du verset suivant d’ailleurs :

{ثُمَّ جَعَلْنَاهُ نُطْفَةً فِي قَرَارٍ مَكِينٍ (13)}

«Puis nous en fîmes (l'être humain) un liquide limpide dans un lieu de séjour fixe et solide (l’utérus)»[31]

En effet, contrairement au Docteur Maurice[32] Bucaille, au Docteur Keith L. Moore et à Haruna Yahya[33], à qui nous tirons le chapeau pour leurs travaux combien remarquables, qui voient dans le "نُطْفَةً" de ce verset le sperme[34], il s’agit plutôt du zygote, après la fécondation. La preuve est que Docteur Maurice Bucaille a identifié dans l’expression "قَرَارٍ مَكِينٍ" "le lieu de croissance de l'homme dans l'organisme mateel", sans compter que, selon le contexte, ce "نُطْفَةً" constitue une étape de l’embryogenèse, laquelle a lieu dans l’utérus de la mère, et non celle de la gamétogenèse. Ce que confirme le hadith suivant rapporté des Imams Ali, Bâqir et Çâdiq (Paix sur eux tous) du livre intitulé "Da’âim ul Islâm" sur le Diyyat (amende) de l’avortement. Il dit :

>الجنين على خمسة اجزاء، ففي كل جزء منها جزء من الدية: فللنطفة عشرون دينارا، لو أن امرأة ضربت فاسقطت نطفة قبل أن تتغير، كان فيها عشرون دينارا، وفي العلقة اربعون دينارا وفي المضغة ستون دينارا، وفي العظم ثمانون دينارا، فإذا كسي لحما وكمل خلقه فهو مائة دينار، وهي الغرة، فان نشأ فيه الروح ففيه الدية كاملة، وهذا قول الله عزوجل: {وَلَقَدْ خَلَقْنَا الْإِنْسَانَ مِنْ سُلَالَةٍ مِنْ طِينٍ (12) ثُمَّ جَعَلْنَاهُ نُطْفَةً فِي قَرَارٍ مَكِينٍ (13) ثُمَّ خَلَقْنَا النُّطْفَةَ عَلَقَةً فَخَلَقْنَا الْعَلَقَةَ مُضْغَةً فَخَلَقْنَا الْمُضْغَةَ عِظَامًا فَكَسَوْنَا الْعِظَامَ لَحْمًا ثُمَّ أَنْشَأْنَاهُ خَلْقًا آخَرَ فَتَبَارَكَ اللَّهُ أَحْسَنُ الْخَالِقِينَ (14)}<

«L’embryogenèse est subdivisé en cinq stades, et l’avortement à chacun de ces stades est condamnable à une amende bien spécifique :

1- Pour le "نطفة" (le liquide limpide) : 20 Dinars. Si les coups sur une femme enceinte provoque l’avortement, avant la transformation du liquide, l’amende s’élève à 20 Dinars ;

2- Pour le "علقة" (l’adhérence) : 40 Dinars ;

3- Pour le "مضغة" (la masse de chair) : 60 Dinars ;

4- Pour le "عظم" (les os déjà formés) : 80 Dinars ;

5- Et enfin pour l’être complètement formé : 100 Dinars, et c’est le "غرة" (produit fini, prêt pour la vie). S’il reçoit l’âme, alors son avortement requiert le prix de sang complèt (mille Dinars ou cent chameaux ou dix mille Dirhams). Et c’est ce que Dieu dit dans le verset suivant :

"Nous avons certes créé l'homme d'un extrait d'argile. Puis nous en avons fait (l'être humain) un liquide limpide dans un lieu de séjour fixe et solide. Ensuite, nous avons fait du liquide une adhérence; et de l'adhérence nous avons créé un morceau de chair[35] ; puis, de ce morceau de chair, nous avons créé des os, et nous avons revêtu les os de chair. Ensuite, nous l'avons transformé en une tout autre créature. Gloire à Allah le meilleur des créateurs!"[36]»[37]

En outre, le mot "نُطْفَةً" ne peut pas désigner le sperme dans ce verset pour les raisons suivantes :

1° Le spermatozoïde est mobile avant la fécondation à cause de la présence du flagelle et les contractions des tissus tapissant la trompe[38], or le verset parle ici d’un objet fixe ;

2° Le spermatozoïde n’arrive pas dans "le lieu de croissance de l’homme" étant donné que la fécondation a lieu près de l'ovaire qui a expulsé l'ovocyte, dans l’ampoule tubaire de la trompe adjacente ;

3° La durée de vie de l'ovocyte ne dépasse pas vingt-quatre heures, tandis que l’arrivée de l’œuf fécondé dans l’utérus ne s’observe que trois ou quatre jours après la fécondation, grâce aux contractions de la trompe et les battements des cils vibratiles qui la tapissent ;

4° L’œuf fécondé n’est plus une cellule haploïde pour que l’on parle encore de spermatozoïde ou d’ovocyte, mais plutôt d’une cellule diploïde fruit de la fusion des deux gamètes ;

5° La nidation dans le "قَرَارٍ مَكِينٍ" (les muqueuses utérines) ne commence qu’environ une semaine après la fécondation[39] ;

6° En outre, le verset suivant indique expressément avec la même racine "قرر" que la nidation s’effectue dans l’utérus de la mère.

{…وَ نُقِرّ فى الأَرْحَامِ مَا نَشاءُ إِلى أَجَلٍ مّسمّى…(5)}

«…et nous maintenons dans les matrices ce que nous voulons pour un délai bien déterminé…»[40]

C’est plutôt dans le deuxième verset, à savoir le verset 37 de la sourate LXXVI, que le mot "نُطْفَة" désigne une goutte de sperme, à cause du déterminatif "مِنْ مَنِيٍّ يُمْنَى" (de sperme éjaculé).

III. Renforcement de l’attaque

Avant de répondre à cette attaque, nous allons commencer par "apporter de l’eau au moulin" de l’honorable critiqueur.

On lit dans le Saint coran :

{وَضَرَبَ اللَّهُ مَثَلًا لِلَّذِينَ آمَنُوا امْرَأَتَ فِرْعَوْنَ إِذْ قَالَتْ رَبِّ ابْنِ لِي عِنْدَكَ بَيْتًا فِي الْجَنَّةِ وَنَجِّنِي مِنْ فِرْعَوْنَ وَعَمَلِهِ وَنَجِّنِي مِنَ الْقَوْمِ الظَّالِمِينَ (11)}

«Et Allah a cité en parabole pour ceux qui croient, la femme de Pharaon, quand elle dit : "Seigneur, construis-moi auprès de toi une maison dans le Paradis, et sauve-moi de Pharaon et de son œuvre; et sauve-moi des gens injustes".»[41]

Selon ce verset, la femme de Mineptah, le Pharaon à l’époque de Moïse et le successeur de Ramsès II[42] était pieuse, sans compter Marie la mère de Jésus (Paix sur eux tous) citée dans les versets suivants de la même sourate.

Or, en vertu du verset suivant, elles entreront au Paradis :

{إِنَّ الْمُسْلِمِينَ وَالْمُسْلِمَاتِ وَالْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ وَالْقَانِتِينَ وَالْقَانِتَاتِ وَالصَّادِقِينَ وَالصَّادِقَاتِ وَالصَّابِرِينَ وَالصَّابِرَاتِ وَالْخَاشِعِينَ وَالْخَاشِعَاتِ وَالْمُتَصَدِّقِينَ وَالْمُتَصَدِّقَاتِ وَالصَّائِمِينَ وَالصَّائِمَاتِ وَالْحَافِظِينَ فُرُوجَهُمْ وَالْحَافِظَاتِ وَالذَّاكِرِينَ اللَّهَ كَثِيرًا وَالذَّاكِرَاتِ أَعَدَّ اللَّهُ لَهُمْ مَغْفِرَةً وَأَجْرًا عَظِيمًا (35)}

«Les musulmans et les musulmanes, les croyants et les croyantes, les obéissants et les obéissantes, les loyaux et les loyales, les endurants et les endurantes, les hommes qui craignent et les femmes qui craignent, les donneurs et les donneuses d'aumônes, les jeûneurs et les jeûneuses, les hommes chastes et les femmes chastes, les invocateurs d’Allah et les invocatrices certes Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense.»[43]

Et pourtant, en parlant de la récompense de ceux qui vont accéder au Paradis, le Saint coran leur promet des filles vierges et des nymphes. On lit en effet :

{إِنَّا أَنْشَأْنَاهُنَّ إِنْشَاءً (35) فَجَعَلْنَاهُنَّ أَبْكَارًا (36) عُرُبًا أَتْرَابًا (37) لِأَصْحَابِ الْيَمِينِ (38)}

«C'est nous qui les avons créées à la perfection, et nous les avons faites vierges, gracieuses, toutes de même âge, pour les gens de la droite.»[44]

Et dans un autre verset :

{زُيِّنَ لِلنَّاسِ حُبُّ الشَّهَوَاتِ مِنَ النِّسَاءِ وَالْبَنِينَ وَالْقَنَاطِيرِ الْمُقَنْطَرَةِ مِنَ الذَّهَبِ وَالْفِضَّةِ وَالْخَيْلِ الْمُسَوَّمَةِ وَالْأَنْعَامِ وَالْحَرْثِ ذَلِكَ مَتَاعُ الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَاللَّهُ عِنْدَهُ حُسْنُ الْمَآبِ (14) قُلْ أَؤُنَبِّئُكُمْ بِخَيْرٍ مِنْ ذَلِكُمْ لِلَّذِينَ اتَّقَوْا عِنْدَ رَبِّهِمْ جَنَّاتٌ تَجْرِي مِنْ تَحْتِهَا الْأَنْهَارُ خَالِدِينَ فِيهَا وَأَزْوَاجٌ مُطَهَّرَةٌ وَرِضْوَانٌ مِنَ اللَّهِ وَاللَّهُ بَصِيرٌ بِالْعِبَادِ (15)}

«On a enjolivé aux humains l'amour des choses qu'ils désirent: femmes, enfants, trésors thésaurisés d'or et d'argent, chevaux marqués, bétail et champs; Tout cela est l'objet de jouissance pour la vie présente, alors que C'est près d'Allah qu'il y a bon retour. Dis: "Puis-je vous apprendre quelque chose de meilleur que tout cela? Pour les pieux, il y a, auprès de leur Seigneur, des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éteellement, et aussi, des épouses purifiées, et l'agrément d'Allah."…»[45]

Il sied de souligner que dans ce deier verset, le Saint coran a dit "زُيِّنَ لِلنَّاسِ" (On a enjolivé aux humains), au lieu "زُيِّنَ لِلرِّجَالِ" (On a enjolivé aux hommes). Autrement dit, les femmes sont également conceées dans ce désir des femmes et autre. Donc, le Saint coran encourage l’homosexualité, plus précisément le lesbianisme et le trouve tout fait naturel, en informant toutefois que le Paradis et ses épouses purifiées est encore mieux que tout cela. Ainsi, les femmes pieuses, autant que les hommes, auront le Paradis et les femmes purifiées comme récompense. Le lesbianisme même au Paradis ! QUELLE IMMORALITÉ !

Par ailleurs, le verset 72 de la sourate Le voyage noctue (17) dit :

{ وَمَنْ كَانَ فِي هَذِهِ أَعْمَى فَهُوَ فِي الْآخِرَةِ أَعْمَى…(72)}

«Quiconque aura été aveugle ici-bas, sera aveugle dans l'au- delà...»

Selon ce verset, les aveugles dans ce monde entreront d’office en Enfer, étant donné qu’ils seront également aveugles dans l’au-delà, même Cheikh Ibn Baz[46], le mufti officiel de l'Arabie saoudite de 1993 jusqu'à sa mort en 1999. Confier la charge de guider vers le Paradis à une personne destiné à l’Enfer. QUEL SENS DE LA RESPONSABILITÉ !

Le Saint coran est-il absurde ?

Pas du tout ! Ce Livre sacré est tout simplement mal lu !

IV. Réponse

La réponse à cette critique aura les cinq volets suivants :

- pédagogique

- herméneutique

- littéraire

- sociologie

- scientifique

1. Volet pédagogique

Selon la taxonomie de Benjamin Bloom, la compréhension consiste à saisir des significations, à traduire des connaissances dans un nouveau contexte, à interpréter des faits à partir d’un cadre donné. Et cette catégorie admet trois sous-catégories, à savoir : la traduction, l’interprétation, l’extrapolation.

Quant à la compréhension d’un texte, elle requiert trois niveaux :

1° La compréhension littérale : Elle consiste à lire un texte et à prononcer ou intérioriser les mots qui sont dedans. C'est l'étape numéro un par laquelle passent tous ceux qui apprennent à lire : les centres d'alphabétisation, les écoliers du primaire, etc.

2° La compréhension critique : Elle consiste à juger l'auteur que l'on lit pour dire que c'est une opinion qu'il érige en fait.

3° La compréhension esthétique : Ce niveau intéresse plutôt les artistes, et il consiste à apprécier la beauté d'un texte, les images, la formation des phrases, les figures de style.

Ainsi, la compréhension littérale ne suffit pas pour une meilleure compréhension d’un message.

2. Volet herméneutique

L'herméneutique (du grec hermeneutikè, έρμηνευτική [τέχνη], art d'interpréter, et du nom du dieu grec Hermès, messager des dieux et interprète de leurs ordres), est la théorie de la lecture, de l'explication et de l'interprétation des textes.

L'herméneutique théologique, appelée aussi d'exégèse, est très délicate, et plus particulièrement le Saint coran. Le lecteur de ce Livre divin doit avant tout savoir que :

1° Le Saint coran n’est pas un livre de science ni un livre de contes

Le Saint coran n’est pas un livre de science pour qu’il respecte une quelconque terminologie voire une certaine stylistique. Il s’agit plutôt d’un chef-d’œuvre littéraire contenant des subtilités scientifiques dans le but de guider l’humanité.

La réception du Coran, et par implication logique celle de l'islam, par les Arabes est venue de ce qu'ils ont reconnu sa supériorité absolue sur tout texte humain. En d'autres termes, les Arabes ont accueilli l'islam sur la base d'une reconnaissance du Saint coran comme texte littéraire.

En effet, seul un miracle littéraire pouvait avoir un impact chez les arabes, car il n’y avait aucune probabilité à ce que le Prophète de l’islam (Salut et paix sur lui et sur sa famille) ait appris cela d’une autre personne que Dieu, les maîtres diserts arabes étant eux-mêmes incapables. Et cela pour la simple raison que l’arabe préislamique était analphabète et ignorant. Lors de l’avènement de l’islam, il n’y avait au total que dix-neuf personnes à la Mecque et à Médine qui savaient lire.[47] Le seul domaine où excellaient les arabes était la littérature, plus précisément la poésie. La poésie arabe avait atteint son apogée,[48] et les célèbres chantres choisissaient les grands marchés littéraires publics à l’instar de "‘Uqâz", "Dhil Majâz" et "Mahannat" pour réciter leurs œuvres.[49] Le poème plébiscité était alors accroché à la Kaaba, ce qui était une source de fierté pour son auteur et toute sa tribu. "Les sept accrochés" étaient les meilleurs Qasida de l’époque, œuvres de sept plus grands poètes de la péninsule arabique. Ils étaient longtemps restés accrochés au mur de la Kaaba.[50]

Ainsi, quiconque surclassait les Arabes dans un domaine autre que la littérature était supposé avoir appris chez les grandes civilisations avoisinantes, l’Iran ou Rome, lesquelles étaient plus évoluées. Par conséquent, l’unique domaine où l’on pouvait prétendre accrocher l’attention de ce peuple était la littérature, dans laquelle il excellait. Autrement dit, il fallait le battre sur son propre terrain.

Le Saint coran dit à ce propos:

}وَلَقَدْ نَعْلَمُ أَنَّهُمْ يَقُولُونَ إِنَّمَا يُعَلِّمُهُ بَشَرٌ لِسَانُ الَّذِي يُلْحِدُونَ إِلَيْهِ أَعْجَمِيٌّ وَهَذَا لِسَانٌ عَرَبِيٌّ مُبِينٌ (103){

«Et nous savons parfaitement qu'ils disent: "Ce n'est qu'un être humain qui lui enseigne (le Saint coran)". Or, la langue de celui auquel ils font allusion est étrangère (non arabe), et celle-ci est une langue arabe bien claire.»[51]

En d’autres termes, prétendrez-vous qu’un étranger connaisse mieux votre langue que vous-mêmes ?

Et le Saint coran a pu surpasser toutes les œuvres littéraires du point de vue de l’éloquence, de la rhétorique, de la cohérence du contenu et de tant d’autres aspects encore.[52]

Chaque mot et chaque figure n’est pas utilisé au hasard, il cache un message que le destinataire est censé découvrir.

En outre, le Saint coran n’est pas un livre de contes dans lequel l’on doit respecter scrupuleusement l’évolution chronologique des faits et les répéter toujours de la même manière. Ce qui explique pourquoi aucune histoire n’y est rapportée avec forts détails comme dans la Sainte Bible. Il rapporte plutôt certains faits historiques pour servir d’analogie. D’où la diversification dans la narration, chaque récit ayant un but bien spécifique.

2° Le Saint coran doit être considéré dans son entièreté.

Le Saint coran doit être considéré en tant qu’un système dans lequel les versets se complètent et s’expliquent les uns les autres. De ce fait, il faut passer en revue tous les versets avant d’émettre une certaine critique.

3° Tout le monde n’est pas censé comprendre le Saint coran.

L’islam prône un système dans lequel chaque individu doit jouer un rôle pour le bien-être de la communauté. La maitrise des matières religieuses n’est pas une obligation individuelle, mais plutôt une obligation collective. Le Saint coran dit :

}وَمَا كَانَ الْمُؤْمِنُونَ لِيَنْفِرُوا كَافَّةً فَلَوْلَا نَفَرَ مِنْ كُلِّ فِرْقَةٍ مِنْهُمْ طَائِفَةٌ لِيَتَفَقَّهُوا فِي الدِّينِ وَلِيُنْذِرُوا قَوْمَهُمْ إِذَا رَجَعُوا إِلَيْهِمْ لَعَلَّهُمْ يَحْذَرُونَ (122){

«Les croyants n'ont pas à quitter tous leurs foyers. Pourquoi de chaque clan quelques hommes ne viendraient-il pas s'instruire dans la religion, pour pouvoir à leur retour, avertir leur peuple afin qu'ils soient sur leur garde.»[53]

Et même à l’époque de la Révélation, tous les fidèles ne les maitrisaient pas, un domaine réservé à une élite que le Prophète de l’islam (Salut et paix sur lui et sur sa famille) avait choisie. La déclaration suivante venant de la plus haute autorité pendant le deuxième khalifat en est la preuve :

«لو لا علي لهلك عمر.»

«N’eût été Ali, Omar aurait vraiment péri !»[54]

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برچسب: l'embryologie dans le coran, نویسنده: بازدید: 63 تاريخ: جمعه 12 شهريور 1395 ساعت: 9:46

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