L'EMBRYOLOGIE DANS LE CORAN 2

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3. Volet littéraire

Etant donné que l’honorable critiqueur est apparemment francophone, nous sommes tentés de lui répondre par "argumentum ad hominem" en disant : «Tu quoque !»

Et si s’était Jésus-Christ, il aurait peut-être dit :

«Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ?

Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ?

Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère.»[1] .

En effet, lorsque l’on scrute les œuvres des grands littérateurs français, on trouve un style semblable. Nous allons citer quelques exemples :

1. Nicolas Boileau dans Satire dans sa satire sur l’homme :

Tout lui plaît et déplaît, tout le choque et l’oblige ;

Sans raison il est gai, sans raison il s’afflige ;

Son esprit au hasard aime, évite, poursuit,

Défait, refait, augmente, ôte, élève, détruit,

Et voit-on, comme lui, les ours ni les panthères

S’effrayer sottement de leurs propres chimères ;

Plus de douze attroupés craindre le nombre impair,

Ou croire qu’un corbeau les menace dans l’air ?[2]

S’agit-il seulement des ours et des panthères ?

Nullement ! Et ce qui prouve qu'il n'entend pas parler seulement des ours et des panthères, c'est qu'il ajoute aussitôt :

Jamais l’homme, dis-moi, vit-il la bête folle

Sacrifier à l’homme, adorer son idole ;

Lui venir, comme au dieu des saisons et des vents,

Demander à genoux la pluie ou le beau temps ?

Ainsi, il dit les ours et les panthères, pour les bêtes en général.

Rappelons que Nicolas Boileau, dit aussi Boileau-Despréaux, est un poète, écrivain et critique français.

Ne savait-il pas que de bêtes, il n’y avait pas que des ours et des panthères ? Si non, pourquoi s’était-il limité aux deux espèces ?

Eh bien, c’est tout simplement parce que ces deux espèces représentent les espèces les plus puissantes, les têtes d’affiche, lesquelles impliquent les autres espèces.

2. François-Marie Arouet, dit Voltaire, dans Mon testament :

Mais si Fleury fut sage, il n'eut rien de sublime;

Il fut loin d'imiter la grandeur des Colberts:

Il négligeait les arts, il aimait peu les vers.

Pardon si contre moi son ombre s'en irrite,

Mais il fut en secret jaloux de tout mérite.

Je l'ai vu refuser, poliment inhumain,

Une place à Racine, à Crébillon du pain.[3]

Fleury manque-t-il de sublimité juste pour avoir refusé à Crébillon du pain ? Il lui avait peut-être donné à la place un gâteau, un poulet ou n’importe quelle autre nourriture. Non ! Selon le contexte, le pain suggère toute sorte de nourriture.

Voltaire était-il incapable de citer les autres aliments ?

Pas du tout ! Il s’est contenté de citer le pain parce qu’il est l’aliment principal, lequel sous-entend la nourriture en général.

Eh bien, ces deux sommités de la langue française avaient le droit de s’exprimer de cette manière sur le plan rhétorique. Il s’agit d’une figure de style présente dans la langue française, autant que dans toute autre langue d’ailleurs, connue sous le nom de "Métonymie", plus précisément la métonymie de l’inclusion appelée également "synecdoque".

Une petite leçon de rhétorique

1. Définition de la rhétorique

La rhétorique est l'art de bien parler, la technique de la mise en œuvre des moyens d'expression (par la composition, les figures).[4] Parmi les figures rhétoriques, il y en a particulièrement une qui se retrouve dans toutes les langues, à savoir la métonymie.

2. Définition de la métonymie

Dérivé du grec "μετά": meta (déplacement) et de "ὄνυμα" : onuma (nom), le terme "métonymie" désigne une figure de style appartenant à la classe des tropes[5] qui consiste à exprimer un concept au moyen d'un terme désignant un autre concept qui lui est uni par une relation nécessaire.[6] En d’autres termes, il s’agit d’un "transfert de dénomination" qui consiste à désigner une chose ou une notion par une autre chose ou notion appartenant au même ensemble.[7]

On dit par exemple : «J’ai bu un verre.» pour suggérer son contenu.

3. Sortes de métonymie

Les linguistes et les rhétoriciens s’accordent sur le fait que les relations métonymiques sont innombrables. Les rhétoriciens français, dont Pierre Fontanier[8], ont citées une vingtaine de métonymies, parmi lesquelles la métonymie de la cause, la métonymie de l'instrument, la métonymie de l'effet, la métonymie du contenant, la métonymie du lieu, la métonymie du signe, la métonymie du physique, la métonymie du maître, la métonymie de la matière ainsi que la métonymie de l’inclusion, connue sous le nom particulier de "synecdoque", du grec "sunekdokhê" (compréhension simultanée).

Pierre Fontanier distingue huit espèces principales de synecdoques : les Synecdoques : - De la Partie ; - Du Tout ; - De la Matière ; - Du Nombre ; - Du genre ; De l'espèce ; - La Synecdoque d'Abstraction ; - Et enfin la Synecdoque d'individu, connue sous le nom particulier d'Antonomase. Et les vers susmentionnés de Boileau et de Voltaire font partie de la synecdoque de l'espèce.[9]

4. Dans la Sainte bible

La synecdoque est également présente dans la Sainte Bible. En effet, on lit par exemple dans Genèse, en ce qui concee l’homme :

«C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retoues dans la terre, d’où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retoueras dans la poussière.»[10]

Ce verset regorge une multitude de figures de style :

1° "La sueur" (pour le travail, l’effort) : Il s’agit de la métonymie de l’effet pour la cause. Autrement, c’est de ton travail que tu mangeras ton pain.

2° "ton front" (pour toi) : Il s’agit de la synecdoque de la partie pour un tout physique. Car, ce n’est pas seulement le front qui transpire sous l’effort, mais plutôt tout le corps tout entier. Autrement, c’est par ta sueur que tu mangeras ton pain.

3° "tu mangeras" (pour subsisteras) : Il s’agit de la synecdoque de la partie pour un tout abstrait. Car, il ne s’agit pas seulement de manger, mais aussi de boire, de se vêtir, de se faire soigner, etc.

4° "du pain" (pour la nourriture) : Il s’agit de la synecdoque de l'espèce pour celui du genre, comme pour Voltaire.

5° "tu retoues" à la terre (pour tu meurs) : Il s’agit de la métonymie de l’effet pour la cause, car c’est la mort qui est la cause de l’enterrement.

6° "tu retoues" (pour on te retoue) : Il s’agit d’une métaphore, car le mort ne s’enterre pas lui-même.[11]

7° car tu es poussière (pour tu as été créé à partir de la poussière) : Il s’agit de la métonymie de l’ancien état pour le nouvel état. Car, avant d’être homme, il était poussière.

5. Dans la littérature arabe

La métonymie existe dans toutes les langues. On l’appelle "Metonymy", en anglais ; "Metonimia", en espagnol ; "Metonymie", en allemand ; "metonimio", en espéranto ; "کنايهآوری", en persan ; "Metonymia", en latin[12] et "مجاز مرسل" (Majâz Mursal), en arabe.

L’usage de la métonymie, autant que d’autres figures de style d’ailleurs, était courant chez les arabes, ce qui leur avait permis une meilleure compréhension du Saint coran. En effet, quoiqu’Abu Ibn ‘Obeydat[13] ait écrit son livre "مجاز القرآن"[14], il considérait néanmoins le Saint coran comme était un texte typiquement arabique et que les arabes purs de l’époque de la Révélation et ceux de la génération suivante n’avaient nullement besoin de Tafsir d’autant plus que ce Livre était parfaitement conforme à la stylistique arabe.[15]

En guise de preuve de l’usage de sens figuré dans le Saint coran, nous allons nous référer au Saint coran lui-même.

Pour appuyer apparemment l’honorable critiqueur, nous avons cité le verset de l’aveugle. On lit :

{وَمَنْ كَانَ فِي هَذِهِ أَعْمَى فَهُوَ فِي الْآخِرَةِ أَعْمَى…(72)}

«Quiconque aura été aveugle ici-bas, sera aveugle dans l'au- delà...»[16]

Or, nous avons le verset suivant :

{قَالَ رَبِّ لِمَ حَشَرْتَنِي أَعْمَى وَقَدْ كُنْتُ بَصِيرًا (125)}

«Il dira: "Mon Seigneur, pourquoi m'as-tu amené aveugle alors qu'auparavant je voyais?"»[17]

Cet aveugle du jour du Jugement été voyant dans la vie terrestre.

Et un autre verset explicite en disant :

{…فَإِنَّهَا لَا تَعْمَى الْأَبْصَارُ وَلَكِنْ تَعْمَى الْقُلُوبُ الَّتِي فِي الصُّدُورِ (46)}

«…Certes, ce ne sont pas les yeux qui s'aveuglent, mais, ce sont plutôt les cœurs dans les poitrines qui s'aveuglent.»[18]

A la lumière de ces deux deiers versets, on réalise qu’il ne s’agit pas du même "aveugle" dans les deux "aveugle" du verset 72 de la sourate Le voyage noctue (17). Le premier "aveugle" désigne métaphoriquement l’aveugle du cœur dénué de jugement, tandis que le deuxième désigne vraiment un nom voyant, lequel ne verra pas la porte qui accède au Paradis. Ainsi, le premier "aveugle" est au sens figuré et le deuxième au sens propre. Il s’agit là d’une forme d’antanaclase[19] connue sous le nom de "diaphore", en rhétorique française et de "الجِنَاسُ التَّامُ", en arabe, laquelle consiste à répéter un mot déjà employé en lui donnant une nouvelle nuance de signification.

Par exemple, on dit en français : «Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point.»

Cette phrase tirée de "Pensées" de Blaise Pascal est également une diaphore, car la première occurrence de "raison" renvoie à la motivation, la seconde à l'entendement.

Pour revenir aux versets de "la goute de sperme", eh bien, il s’agit tout simplement d’une synecdoque de l’espèce autant que les vers susmentionnés de Boileau et de Voltaire.

En effet, toutes les huit espèces de synecdoques citées par Pierre Fontanier en langue française existent également en arabe, et plus particulièrement dans le Saint coran[20].

Et la preuve que les versets de la goutte de sperme sont des synecdoques de l’espèce est que dans un autre verset, on cite le mâle et la femelle. On lit dans ce verset :

{يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّا خَلَقْنَاكُمْ مِنْ ذَكَرٍ وَأُنْثَى وَجَعَلْنَاكُمْ شُعُوبًا وَقَبَائِلَ لِتَعَارَفُوا إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِنْدَ اللَّهِ أَتْقَاكُمْ إِنَّ اللَّهَ عَلِيمٌ خَبِيرٌ (13)}

«Hommes! En vérité, nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous connaissiez les uns les autres. Le plus noble d'entre vous, auprès d'Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand- Connaisseur.»[21]

En outre, ce deier verset contient une insistance dans "إِنَّ" (En vérité), chose inexistante dans les deux versets. Ce qui donne plus de force à son message.

Nous venons de répondre à la critique, à savoir : La citation du gamète mâle sans le femelle est une synecdoque de l’espèce. Néanmoins, le travail risque d’être inachevé si l’on ne donnait pas la raison de cette synecdoque. Autrement dit :

- Pourquoi le Saint coran s’est-il contenté de citer une seule espèce ?

- Pourquoi avoir choisi le liquide séminal et non l’ovule ?

La réponse à cette préoccupation à un volet sociologie et un volet scientifique, plus précisément biologique.

4. Le volet sociologique

L’une des avantages de la métonymie est qu’elle renseigne également sur la culture d’une société ainsi que la structure du système conceptuel. Son interprétation requiert ainsi une connaissance parfaite de la société cible. Par exemple, lorsque l’on avait demandé à Ibn Abbâs l’origine de l’éponyme de la tribu Quraychite "قُرَيْش", il avait répondu :

»بدابة في البحر تأكل ولا تؤكل ، وتعلو ولا تعلى«

"A cause de la bête indomptable de mer (le requin) : elle dévore, mais elle n’est pas elle dévorée ; elle dompte, mais elle est indomptable" avant de réciter le poème suivant :

»وَقُرَيْشٌ هِيَ الَّتِي تَسْكُنُ ... الْبَحْرَ بِهَا سُمِّيَتْ قُرَيْشٌ قُرَيْشاً«

"Et Qurayche, c’est la bête qui vit dans la mère. C’est à cause d’elle qui a donné le nom à Qurayche."[22]

On voit que le requin désigne dans la culture arabe une personne indomptable, "Invincible", tandis que ce même mot désigne en français une personne cupide et impitoyable en affaires, un rapace, un vautour.[23]

Pour comprendre pourquoi le Saint coran s’adresse métonymiquement à l’espèce masculine, il faut considérer le milieu dans lequel il a été révélé. La société arabe de l’époque n’était pas misogyne, mais plutôt "masculiste" régie par le système patriarcat. Comme preuve, on lit dans le Saint coran :

{وَإِذَا بُشِّرَ أَحَدُهُمْ بِالْأُنْثَى ظَلَّ وَجْهُهُ مُسْوَدًّا وَهُوَ كَظِيمٌ (58) يَتَوَارَى مِنَ الْقَوْمِ مِنْ سُوءِ مَا بُشِّرَ بِهِ أَيُمْسِكُهُ عَلَى هُونٍ أَمْ يَدُسُّهُ فِي التُّرَابِ أَلَا سَاءَ مَا يَحْكُمُونَ (59)}

«Et lorsque l'on annonce à l'un d'eux une fille, son visage s'assombrit et une rage profonde [l'envahit]. Il se cache des gens, à cause du malheur qu'on lui a annoncé. Doit-il la garder malgré la honte ou l'enfouira-t-il dans la terre? Combien est mauvais leur jugement!»[24]

La femme était marginalisée et elle était considérée au même titre que les biens matériels, de telle sorte que celle qui n'avait pas engendré de garçon pouvait être récupérée par le fils de ses rivales après la mort du mari. Une pratique qu’interdira d’ailleurs le Saint coran lorsque le fils d’un dénommé Abu Qays Ibn Aslat voulut hériter de l’une de ses marâtres. On lit :

«Ô les croyants! Il ne vous est pas licite d'hériter des femmes contre leur gré...»[25]

Les filles étaient considérées comme une honte pour la famille, à tel point que certains allaient jusqu’à enterrer leurs filles vivantes. Et cela pour la simple raison qu’elles ne pouvaient pas participer dans des batailles, comme les hommes, et défendre sa tribu dans cette société sauvage sans civilisation ni culture où régnaient la force et la violence ; mais par contre, elles risquaient de tomber entre les mains de l’ennemi qui lui ferait des enfants. Ce qui était un déshonneur. Voilà pourquoi ils préféraient faire disparaître les fillettes.[26]

Cette marginalisation se reflétait même dans la littérature de l’époque. On disait par exemple à l’homme qui venait d’avoir une fille :

>آمنكم الله عارها و كفاكم مؤنتها و صاهرتها القبر<

«Que Dieu te protège de sa honte, te fouisse les moyens pour l’élever et fasse que la tombe soit son foyer.»

Un poète arabe dit à ce propos :

لكل أب بنت يرجى بقائها ثلاثة اصهار إذا ذكر الصهر

فبيت يغطيها و بعل يصونها و قبر يواريها و خيرهم القبر

«Chaque père qui tend à la survie de sa fille a le choix entre trois sortes de gendres : une maison pour l’abriter, un mari pour la protéger et une tombe pour l’ensevelir. Et la tombe est la plus appropriée des trois.»[27]

On rapporte qu’un dénommé Abu Hamza s’était fâché contre sa femme pour lui avoir donné une fille. Il déménagea chez le voisin. Sa femme récitait ces vers lorsqu’elle berçait son petit bébé :

ما لا بي حمزة لا يأتينا يظل في البيت الذي يلينا

غضبان الا نلد البنينا تالله ما ذلك في ايدينا

و أنما نأخذ ما أعطينا و نحن كالأرض لزارعينا

ننبت ما قد زرعوه فينا

"Pourquoi Abu Hamza ne vient plus chez nous ?

Il préfère maintenant habiter chez notre voisin.

Il est fâché parce que nous n’accouchons pas de garçons.

Par Dieu ! Nous n’y sommes vraiment pour rien.

Nous ne recevons que ce que l’on nous donne.

Nous sommes comme la terre pour les cultivateurs.

Elle fait pousser ce qu’ils y ont semé."[28]

L’on comprend que c’est l’homme qu’il était la tête d’affiche de la société arabe de l’époque, et s’adresser à lui revenait à s’adresser à la société tout entière. D’où le choix de l’espèce mâle par métonymie pour s’adresser à la société.

Néanmoins, pour les faits qui conceaient la femme au même titre que l’homme ou exclusivement la femme, elle était citée expressément, cas de l’énumération dans le verset 35 de la sourate Les coalisés (33) :

{إِنَّ الْمُسْلِمِينَ وَالْمُسْلِمَاتِ وَالْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ وَالْقَانِتِينَ وَالْقَانِتَاتِ وَالصَّادِقِينَ وَالصَّادِقَاتِ وَالصَّابِرِينَ وَالصَّابِرَاتِ وَالْخَاشِعِينَ وَالْخَاشِعَاتِ وَالْمُتَصَدِّقِينَ وَالْمُتَصَدِّقَاتِ وَالصَّائِمِينَ وَالصَّائِمَاتِ وَالْحَافِظِينَ فُرُوجَهُمْ وَالْحَافِظَاتِ وَالذَّاكِرِينَ اللَّهَ كَثِيرًا وَالذَّاكِرَاتِ أَعَدَّ اللَّهُ لَهُمْ مَغْفِرَةً وَأَجْرًا عَظِيمًا (35)}

«Les musulmans et les musulmanes, les croyants et les croyantes, les obéissants et les obéissantes, les loyaux et les loyales, les endurants et les endurantes, les hommes qui craignent et les femmes qui craignent, les donneurs et les donneuses d'aumônes, les jeûneurs et les jeûneuses, les hommes chastes et les femmes chastes, les invocateurs d’Allah et les invocatrices certes Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense.»[29]

5. Le volet scientifique

La métonymie est d’autant très utile, car, contrairement à la métaphore, elle permet une expression courte et frappante. Elle intervient donc dans la spécification d’une forme de focus, non plus par une position syntaxique, mais par l’emploi d’un procédé référentiel.

Par exemple, lorsque l’on dit: "Il y a beaucoup de nouveaux visages ici" on fait référence à une métaphore partie-tout du type : le visage pour la personne. On ne dira pas : "Il y a beaucoup de nouveaux pieds ici."

La raison est que c’est le visage et non la posture, le mouvement ou tout autre partie du corps qui donne la première information sur qui est la personne. Par contre, dans un contexte de travail physique, on aurait de préférence une focalisation sur un élément essentiel à une tâche physique, et l’on dirait plutôt: "On manque de bras pour faire ce travail". Quant au travail intellectuel, on parlera des têtes, et des nerfs pour un travail mental.[30]

En ce qui concee notre verset, le Saint coran a focalisé la formation de l’être humain sur le liquide séminal de l’homme, soit le sperme. La compréhension de cette subtilité scientifique requiert à la fois des connaissances de littérature et de biologie. Ce qui a échappé à plus d’une personne. En effet, on lit :

{أَلَمْ يَكُ نُطْفَةً مِنْ مَنِيٍّ يُمْنَى (37) ثُمَّ كَانَ عَلَقَةً فَخَلَقَ فَسَوَّى (38) فَجَعَلَ مِنْهُ الزَّوْجَيْنِ الذَّكَرَ وَالْأُنْثَى (39)}

«N’a-t-il pas été une goutte de sperme éjaculée ? Et ensuite (une) adhérence ; puis Dieu l’a créé et formé harmonieusement ; puis en a fait alors les deux éléments de couples : le mâle et la femelle.»

L’analyse de cette série de versets révèle que la production des mâles et de des femelles est attribuée au liquide séminal : Le sexe de l’enfant dépend du père. Il s’agit là d’une information qui ne fut connue qu’avec la génétique pendant la deuxième moitié du XIXe siècle grâce à Jean Rostand et ses pairs.[31]

Une petite leçon de biologie

Les informations sur les caractères héréditaires de chaque être vivant sont contenues dans les gènes localisés sur ses chromosomes, lesquels sont formé d'une longue molécule d'ADN associée à des protéines et dont le nombre est constant pour chaque espèce. Sous la forme de chromatine, pendant l'interphase, les chromosomes s'individualisent et se condensent fortement lors de la division cellulaire. Dans les cellules diploïdes, ils sont présents par paires de chromosomes homologues, 23 paires chez l'homme.[32]

Toutes les 23 paires de chromosomes de la femme sont des XX tandis que l’homme en seulement 22 de la forme XX, la 23e était une paire XY. Et c’est cette deière qui décide du sexe du bébé. Lors de la division méiotique pour la formation des gamètes, lesquels sont haploïdes, les cellules diploïdes de la femme ne donnent que des chromosomes X, 2 par cellule ; tandis que chaque cellule de l’homme donne quant à elle un spermatozoïde aux 23 chromosomes X et un autre dont un chromosome sur les 23 est Y.

Ainsi, mathématiquement, la chance est de fifty-fifty pour concevoir un garçon ou une fille, la conjonction d'un ovule et d'un spermatozoïde X donnant une fille et celle d'un ovule et d'un spermatozoïde Y donnant un garçon[33]. Ce qui explique métonymiquement le choix du liquide séminal dans le Saint coran pour la production des êtres de sexe mâle et femelle.[34]

Combien de gens étaient-ils censés avoir cette information au VIe et VIIe siècles, plus particulièrement dans la péninsule d’Arabie ?

Conclusion

Le Saint coran a été révélé en langue arabe d’une certaine époque dont la maitrise est requise pour sa compréhension. Son incompréhension est due aux insuffisances et aux aberrations des traducteurs et des exégètes, lesquelles ne peuvent nullement lui être amputées.

En tant qu’œuvre littéraire, chacun de ses mots et chacune de ses figures cachent un message que l’interprète est censé découvrir.

Et étant donné l’omniscience de son auteur, c’est plutôt l’homme qui doit trouver ses propres lacunes afin de mieux capter le message. Ce qui exige un travail de longue haleine.


Bibliographie

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  11. (ar) Fîroz Âbadi, Majduddin Abu Tâhir Muhammad bin Ya’qûb (Déc. 817 H. L.) , Baçairu Dhaw it Tamyîzi fi Latâif il Kitâb il ‘Azîz, révision de Muhammad Ali Najjâr, Ed. Ihâ ut Turâth il Islâmiy, Caire, en 6 tomes, 1e, 2e et 3e tomes en 1996 – 1416 H. L. ; 4e et 5e tomes en 1992 – 1412 H. L. et le 6e tome en 1973 – 1393 H. L.
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  78. Y. Robert, B. Guérin du Masgenêt, Y. Ardaens – Echographie en pratique obstétricale - Masson 3e édition – 2003.
  79. Dr. Jean Caelen, Eléments de linguistique et de pragmatique pour la compréhension automatique du langage : du signe au sens, CLIPS, Communication Langagière et Interaction Personne-Système, Fédération IMAG – B.p. 53 - 38041 Grenoble cedex 9 – France, en 51 pages.

Webographie

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  2. André Bourassa, le Glossaire du théâtre (Université du Québec à Montréal - définitions courtes avec des renvois) http://www.er.uqam.ca/nobel/c2545/glossaire.html
  3. http://www.republique-des-lettres.com/ (Paris) La république des lettres. portail bien développé pour les études littéraires et culturelles.
  4. Estelle Dansereau, http://fis.ucalgary.ca/fr/339/figuresED.htm (Université de Calgary - notes de cours sur les figures par analogie et par substitution).
  5. http://www.universalis.fr/encyclopedie/metaphore/2-la-rhetorique-modee/.
  6. http://www.larousse.fr.
  7. http://fr.wikipedia.org


[1]. Sainte Bible Louis segond - Matthieu 7: 3- 5.

[2]. Nicolas Boileau – Satire 8.

[3]. Voltaire À Boileau ou Mon testament (1769).

[4]. Le Petit Robert.

[5]. Figures par laquelle un mot ou une expression sont détoués de leur sens propre. Cf. Le Nouveau Petit Robert de la langue française 2009.

[6]. Cf. Le Nouveau Petit Robert de la langue française 2009 ; Dictionnaire Le Littré – Métonymie.

[8]. Il s’agit de Pierre « Émile » Fontanier (né le 2 novembre 1765 à Neussargues, mort le 18 mars 1844 à Neussargues), dont il était maire, est un grammairien français, spécialiste des figures de style

[9]. Cf. Pierre Fontanier, Les figures du discours.

[10]. Sainte Bible - Ancien testament - Genèse 3:19. Ceci revient également dans Psaume 103 : 14 : «Car il sait de quoi nous sommes formés, Il se souvient que nous sommes poussière.»

[11]. La déclaration de Jésus-Christ «Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts. » est également une métaphore doublée d’une diaphore, car il s’agit des morts physiques et des morts spirituels. (Matthieu 8:22)

[12]. http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tonymie.

[13]. Il s’agit du célèbre grammairien de l’école de Bassora du nom d’Abu ‘Obeydat Ma’mar bin Muthanna affranchi de la tribu de Teymi (110 – 208 H. L.). Il est né la nuit de la mort d’Hassan Basri d’un père juif d’origine perse. Selon Ibn Quteybat, il détestait les arabes, ce qui fit que personne n’assistât à ses funérailles. Il fut le premier à avoir abordé la rhétorique en tant que discipline chez les Arabes.

Cf. A’lâm, Zarkoli Dimichqi (1396 H. L.), Ed. Dâr ul ‘Ilm, 15e éd., mai 2002. et Mîzân ul I’tidâl fi Naqd ir Rijâl, Chamsuddin Abu Abdullah bin Ahmad bin ‘Uthmân bin Qâymâz Dhahabi (748 H. L.), révision de Ali Muhammad Bajâwi, Ed. Dâr ul Ma’rifat, Beyrouth, 1e éd., 1382 H. L. – 1963, en 1 volume. Voir "أبو عبيدة".

[14]. Il utilise ce mot pour désigner le sens figuré en disant :

>ومن مجاز ما جاء لفظه لفظ الواحد الذي له جماع منه ووقع معنى هذا الواحد على الجميع، قال: {يُخْرِجُكُم طِفْلاً} ، في موضع: (أطفالا)...<

Soit "enfant" au lieu de "enfants". Cf. Majâ ul Qur-ân, Abu ‘Obeyd, tome 1, page 11.

[15]. Abu ‘Obeydat, Majâz ul Qur-ân, page 6.

[16]. Sourate Le voyage noctue (17) : 72.

[17]. Sourate Taha (20) : 125.

[18]. Sourate Le pèlerinage (22) : 46.

[19]. Ce mot a été supprimé de la neuvième édition de son dictionnaire de l'Académie française lors de la révision. Cf. Site de l'Académie française, index des mots supprimés : http://www.academie-francaise.fr/dictionnaire/index.html.

[20]. Nous avons par exemple :

1° Synecdoque de la partie (الجزئية)

} …فَرَجَعْنَاكَ إِلَى أُمِّكَ كَيْ تَقَرَّ عَيْنُهَا وَلَا تَحْزَنَ…(40){

«… ainsi, nous te rapportâmes à ta mère afin que son œil se réjouisse et qu'elle ne s'afflige plus...» [Sourate Tâha (20): 40.]

La réjouissance de l’œil désigne métonymiquement la réjouissance de la personne tout entière. L’œil est cité expressément étant donné qu’il s’agit du principal révélateur des sentiments.

2° Synecdoque du tout (الكلية)

{ …يَجْعَلُونَ أَصَابِعَهُمْ فِي آذَانِهِمْ … (19)}

«..Ils enfoncent leurs doigts dans leurs oreilles...» [Sourate La vache (2) : 19.]

Les doigts ne désignent ici que les bouts des doigts.

Pour des plus amples informations, prière de consulter l’article intitulé "La synecdoque ou métonymie de l’inclusion dans le Saint coran", du même auteur.

[21]. Sourate Les appartements (49): 13.

[22]. Cf. Zamakhchari, Al Kacchâfu, Le sourate Les Quraychites (106).

[23]. Cf. Le Nouveau Petit Robert de la langue française 2009 – Requin.

[24]. Sourate Les abeilles (18): 58 - 59.

[25]. Seyyed Tabâtabâi, Tafsîr ul Mîzân, tome 4, page 258 ; Muhammad Ibn Jarir Tabari, Jâmi’ ul Bayâni fit Tafsîr il Quran, tome 4, page 207 après le verset 19 de la Sourate Les Femmes (4).

[26]. Cheikh Abbas Qumi, Safînat ul Bihâr, tome 1, page 197 (Voir le mot “Jahl” ; Ibn Abil Hadid, Charhu Nahj ul Balâghat, tome 13, page 174 ; Cheikh Kuleyni, Al UÇûl minal Kâfi, tome 2, Bab Birru Bil Wâlidein, tome 17, page 163 ; Qortobi, Tafsîr Jâmi’ il Ahkâm, tome 19, page 232 ; Seyyed Tabâtabâi, Tafsîr ul Mîzân, tome 2, page 267 ; Mubarrad, Al Kâmilu fil Lugghati wal Adab, Beyrouth, tome 1, page 393 ; Muhammad bin Habib, Al Mihbar, page 324 ; Kuleini, Al Furû’u minal Kâfi, tome 6, page 406.

[27]. ‘Aichat Abdur Rahman Bintu Châti, Mausû’atu Alin Nabiy, page 435.

[28]. Jâhiz, Al Bayân wat Tabyîn, tome 1, pages 127 et 128; ‘Aichat Bintu Châti, Mausû’atu Alin Nabiy, pages 433 et 434 ; Âlûsi Bagdadi, Bulûgh ul Irab, tome3, page 51.

[29]. Sourate Les coalisés (33): 35.

[30]. http://www.semantique-gdr.net/dico/index.php/Métonymie.

[31]. Paris 1894 - Ville-d'Avray 1977

Biologiste et écrivain français, fils d'Edmond Rostand. Auteur d'importants travaux sur la parthénogenèse expérimentale, il contribua à faire connaître la génétique au grand public français. Défendant les valeurs de l'humanisme, du pacifisme et du mondialisme, il s'attacha à montrer la valeur culturelle de la biologie et sa portée humaine. (Académie française.)

Cf. Le Petit Larousse 2009 - Rostand (Jean)

[32]. Le Petit Larousse – chromosome.

[33]. Néanmoins, il existe une série de facteurs qui influent sur la sélection du spermatozoïde lors de la fécondation, basés sur les caractéristiques de chacune de deux espèces, dont la résistance et la vitesse.

En effet, les spermatozoïdes Y sont plus petits, dont plus rapides mais moins résistants ; tandis que les X sont plus résistants mais plus lents. De ce fait, l’accouplement pendant l’ovulation augmente la chance pour la conception d’un garçon étant donné la rapidité des spermatozoïdes Y. Il y a aussi le PH vaginal dont l’excès d’acidité est nocif pour les spermatozoïdes Y.

[34]. Cours d'embryologie en ligne à l'usage des étudiants et étudiantes en médecine développé par les Universités de Fribourg, Lausanne et Bee (Suisse) sous l'égide du Campus Virtuel Suisse. http://www.embryology.ch/

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برچسب: l'embryologie dans le coran, نویسنده: بازدید: 81 تاريخ: جمعه 12 شهريور 1395 ساعت: 9:46

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